

Avec ici une lessiveuse constamment sur le feu qui absorbe les idées noires, là le sax d’un Andy Noir qui refuse de jouer, ou plus loin une Candy Ding qui s’aménage un précipice où oublier les plaines mortifères de son ranch. Comme l’auteur qui finira hélas, par se suicider à 35 ans, les personnages ne sont jamais loin de descendre volontairement leur dernière marche.
Extrait : « Janvier s’enlisait. Andy Ding entra en récession l’air de rien et après ça, il fallut bien dérouler l’année, février, mars et cætera, jusqu’au réveillon traditionnel et final. Andy avait perdu l’amour et la trace de Sophie Phing partie prendre des cigarettes, ses cigarettes à lui puisqu’elle ne fumait pas. Elle n’était jamais revenue mais Andy Ding n’avait pas arrêté de fumer pour autant. Il s’était résolu à descendre lui-même acheter son paquet puis tous ceux qu’il consomma cette année sombre. Sophie avait sans doute trouvé plus grand, plus baraqué, plus intelligent, plus ceci, tatati, peut-être un non-fumeur ou bien encore une non-fumeuse. Andy Ding faisait bouillir ses idées noires dans l’immense lessiveuse maintenue à demeure sur le feu. »
Auteur : Yves Boullic dit Lou Blic
D’abord publicitaire, il est l’auteur du fameux slogan de la campagne présidentiuelle de 1988 : «Au secours la droite revient ! ». À 30 ans, malgré une carrière brillante, il décide de cesser définitivement le salariat pour se consacrer à l’écriture, l’édition très indépendante, la traduction, la poésie et la musique.
Son premier ouvrage « Il y a moins de monde là-haut » , était un recueil de poésie, devenu collector. Diffusé sous blister, il était anonyme : le nom de l’auteur devait être « gratté » comme au tac au tac avant d’être découvert. Là encore, l’AFP d’abord, suivie par l’ensemble des médias salua, outre la qualité littéraire de l’ouvrage, cette prouesse dont le credo était : « les gens grattent pour avoir de l’argent, la poésie, c’est de l’or ».
